Vendredi 5 février 2010 soit 2 jours après être rentré en Chine, je me rends à un meeting à Shanghai pour rencontrer une
partie des investisseurs français et en théorie le partenaire chinois, avec mon collègue chinois en charge de la production.
Le chinois n’est pas là et les investisseurs français demandent d’abord à me parler seul à seul, je me doute quelque
chose ne va pas, je comprends rapidement malgré le fait qu’ils restent tourner autour du pot, ils sont entrain de m’annoncer que je suis licencié…
Après avoir perdu ma copine, je perds mon boulot…
Comment en ai-je pu arriver là? Alors qu’il y a encore 4 mois je vivais la période la plus heureuse de toute ma vie.
Comment ai-je pu tomber si bas alors que je tenais toutes les cartes en main?
Bien que j’ai le sentiment de payer pour des erreurs que je n’ai pas commises, j’y ai aussi ma part de responsabilité.
Voici mon analyse de cet échec et les leçons que j’en tire.
Chronologie d’un projet voué à
l’échec :
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2008 création de la JV, à ce moment là je ne suis pas en charge, j’ignore même l’existence du projet. C’est une
autre française qui en charge et qui craquera au bout de 6 mois, peut avant l’ouverture de la première boutique en Décembre 2008. Les premières erreurs et les raisons principales de
l’échec sont déjà là: investissement sous-évalué, les investisseurs ont tous leurs activités à coté et ne peuvent pas vraiment se consacrer à ce projet, pas de réel leader, mauvais design de la
boutique et du concept qui ne correspondaient pas du tout à l’attente des chinois, et surtout très mauvais choix de l’emplacement! L’ouverture en décembre n’arrange rien, les ventes sont
catastrophiques.
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Janvier 2009, je tombe sur l’annonce pour ce poste en V.I.E. sur le site civiweb, je postule.
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Mars 2009, après avoir passé l’entretient, on m’annonce que je suis le candidat sélectionné, cependant à cause de
mésentente avec le partenaire chinois, je vais devoir patienter en France un peu plus longtemps. Et je débuterais en contrat local, le V.I.E. devrait se faire en octobre.
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Mai 2009, dès le matin de mon arrivé en Chine, on m’annonce que le partenaire chinois veut changer le nom de
la marque, je ne suis pas d’accord. 3 jours après, on m’annonce que notre seule boutique va fermer d’ici la fin de la semaine!!! Juste en début de saison, en voilà une idée qu’elle est
bonne!
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Juin, et juillet, il a fallu reprendre tout en main, reconstruire une image de marque, définir le design du futur
corner shop. L’emplacement est déjà connu, ça sera à l’intérieur d’un cinéma, tout proche de l’ancienne boutique, les termes du contrat ont déjà été négociés, avant même mon arrivé en Chine.
Mon rôle s’est simplement limité à pousser le cinéma à nous laisser nous installer le plus vite possible. Mais rien à faire, ils ne nous lâcheront pas l’emplacement avant la dernière semaine de
juillet. J’ai cependant commis une erreur, j’aurais du mettre mon nez dans le contrat et vérifier le business plan, car c’est bien trop tard que je me suis rendu compte que tel qu’ils avaient
conclu l’accord avec le cinéma, (à savoir qu’ils prennent 30% du chiffre d’affaires et non du bénéfice) on ne serait jamais rentable, j'étais sous pression pour mon premier vrai job et pour
revenir le plus rapidement sur le marché, ça me servira de leçon et quoi qu'il arrive ce n'est pas moi qui est pondu ce business plan. Et bien sur par la décision unilatérale du
partenaire chinois, étant sans point de vente, en pleine saison, on ne vend strictement rien, du coup il a fallu mettre l’équipe de production et les vendeuses au chômage technique.
Certains partenaires du projet, me poussent à lancer l’opération Moon cake glacé, ce qui permettrait de faire rentrer du cash et compenser légèrement le manque à gagner, sur le papier ils ont
tout à fait raison, il n’y a apparemment aucune prise de risque, c’est du bénéfice assuré. Mais sur le terrain, la réalité est autre, étant donné qu’on ne m’a donné peu, voir aucun
pouvoir financier, les fonds sont toujours débloqués en retard. Et les fournisseurs et bien ils sont chinois, ça veut dire que contrairement à l’habitude européenne qui dit que le client est
roi, en Chine, si vous avez une commande qui est insignifiante aux yeux d’un fournisseur chinois, vous serez traité comme une merde… Bref le délai pour mettre en place les moon cake
glacés me semble irréalisable, il me paraît évident qu’on va se planter lamentablement, du coup je refuse de l’appliquer.
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Juin, j’emménage dans mon nouvel appartement, bien que le quartier est super, j’ai commis une grosse erreur
stratégique, j’ai sous-estimé la difficulté de trouver des colocataires dans cette partie de la ville, les expats veulent tous vivre entassés comme des moutons dans SIP ou SND et les chinois
n’ayant pas vraiment les même notions d’hygiène que nous, ça coince aussi. Du coup, il est trop grand et devient vite un gouffre financier.
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1er
aout 2009, après 2 mois avec régulièrement des semaines de 7 jours et des journées de 12heures,
ouverture dans la douleur du nouveau corner, les ventes sont satisfaisantes. La moitié de l’équipe chinoise en place avant mon arrivé démissionne, coup dure sur le moment, mais avec le recul
j’ai mieux compris, l’investissement initial ayant été bouffé, voir gaspillé, eux ont déjà conscience que la barque est entrain de couler et se sauvent comme des rats.
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Aout, septembre, je vais perdre la grosse partie de mon temps à me battre avec l’administration chinoise pour
obtenir mon visa Z, permis de travail et de résidence. Je n’ai pu compter que principalement sur moi même et mes amis pour l’obtenir. Cette galère fut entièrement du à la faute et à
l’incompétence d’une employée des RH du partenaire chinois. Bien que le partenaire chinois ait fait semblant de m’aider à un moment, avec le recul, je comprends maintenant que mon éviction
était planifiée de longue date et que ce n’était pas dans son intérêt que j’obtienne mon permis de travail.
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Septembre la saison est terminée, les
ventes ont chuté de 50% par rapport à aout, ça refroidit fortement tout développement rapide, le projet d’un 2ème corner dans un cinéma de Wuxi, ville voisine de Suzhou, tombe
très vite à l’eau. Le partenaire chinois me retire le peu de pouvoir financier que j’avais. Du coup ça nous ralenti encore plus, par exemple quand il est absent 3 semaines, et bien on doit
poireauter 3 semaines avant d’avoir l’argent pour payer l’avance à un designer ou tout autre fournisseur.
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Octobre, les ventes remontent grâce aux
vacances de la fête nationale. Fin octobre on décide de laisser tomber toute ouverture de boutique pendant l’hiver et de reprendre l’offensive au printemps, néanmoins on se lance dans la vente
aux hôtels et restaurants. Je comprends que je me suis fait niquer concernant le V.I.E., je ne l’aurais jamais et vis désormais sans aucune couverture sociale ou autre.
3ème meeting avec les actionnaires et 3ème
changement de stratégie globale, j’ai l’impression parfois d’avancer à rien comme le dit si bien le proverbe
« ordre et contre ordre égalent désordre ». Après 4 mois et demi de féroces batailles avec le web designer et le partenaire chinois et un hébergeur, le site internet de la société est
enfin en ligne! Bon déjà le web designer n’a jamais respecté les délais de 3 semaines qu’il nous avait donné au départ, on a pas été en mesure de faire pression sur lui, parce que c’est une
boite réputée et comme je disais un peu plus haut, le client n’est pas roi en Chine. Fin aout quand le site web est enfin achevé, le web designer nous propose un service d’hébergement et de
maintenance. Aux yeux du partenaire chinois c’est trop cher, du coup il trouve effectivement un bien moins cher, mais au bout d’un mois après avoir payé l’hébergeur, le site n’est toujours pas
en ligne, car le mec n’est pas capable de le mettre en ligne, du coup il a fallu passer par une procédure judiciaire pour récupérer le contenu du site et surtout le nom de domaine. Bref tout ça
pour économiser 400RMB, ça valait vraiment le coup… Et avec les chinois tout est comme ça! Ils voient le prix mais ne voient pas la qualité et le service qui va derrière, sauf pour les grandes
marques… Ce qui fait qu’en Chine, certaines marques vendent de la merde en boite et grâce à un bon marketing, les chinois adorent et pensent se payer un produit de qualité… Bon et pour en
revenir après au site internet, une fois que la justice chinoise nous a donné raison, qu’on a pu revenir vers le service d’hébergement du web designer comme prévu au départ, le site fut en
ligne 3 jours avant d’être bloqué par la Police!!! Oui vous savez que le net est très surveillé en Chine, pourtant on n’avait bien la procédure d’enregistrement mais comme on a changé
d’hébergeur, elle était à refaire!
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Novembre, la rupture avec Jintian me déchire littéralement, je n’ai plus le gout à rien et traverse l’une des
périodes les plus noires de ma vie. Je n’ai jamais eu aussi mal, même encore aujourd’hui, le simple fait de prononcer son nom et penser à elle ravive une plaie qui est encore très loin d’avoir
cicatrisé. Cela est évident que ça se ressent au niveau travail, plus le moral, plus d’énergie, perte totale de combativité… Du coup, le temps de commencer à m’en remettre et relever la tête,
ça m’obligera encore à repousser la date de ma dernière soutenance pour mon master.
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Décembre continue sur la lancer de novembre, les caisses sont vides, et le chinois a bloqué tout payement, pourtant
nous sommes quasiment prêt à nous lancer sur le marché des Hôtels et restaurants, les fournisseurs pour la matière première pour la glace de conservation ont été trouvé, les boites également,
le design des étiquettes aussi, le catalogue quasiment terminé et on a enfin obtenu la fameuse QS licence du gouvernement chinois. On a demandé aux RH de nous trouver un vendeur, sauf que
ceux-ci volontairement ou non en sont incapables, du coup on commence à chercher par nous même et ceux qu’on trouve ne font pas l’affaire aux yeux des RH. De plus le chinois refusant de payer
l’avance aux fournisseurs, on est bloqué, je suis à 2 doigts de péter un boulon et claquer la porte pour rentrer en France. Mi-décembre, ayant marre d’être en posture de soumission et de subir
les évènements, je lance une contre attaque en préparent un bilan financier pour expliquer au chinois les erreurs qu’il a commis et une ébauche avancée de stratégie de
développement pour 2010. Après un face à face avec le chinois, la machine se remet partiellement en marche, moi ça me remonte le moral.
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Janvier 2010, on commence à plancher
sur l’ouverture de la 2ème boutique, j’ai été écœuré parce que faute d’avoir l’argent rapidement pour payer la caution afin de réserver l’emplacement, vu que le chinois était absent, on
n’a pas pu choisir parmi les premiers et donc l’emplacement qu’on a récupéré n’est pas terrible. On a reçu les boites pour la glace, mais toujours pas la matière première vu que le département
financier du chinois n’a toujours pas payé l’avance aux fournisseurs, malgré le fait qu’on les harcèle tous les jours ; à ce niveau on est toujours bloqué. La nouvelle boutique doit ouvrir
juste avant le nouvel an Chinois, mi-février, mais quelques jours avant mon départ pour la France, mon assistante apprend par hasard que le bâtiment ou l’on s’installe s’y est pris trop tard
pour les demandes d’autorisations d’ouverture officielle, du coup délai administratif oblige, ils ne l’auront pas avant début Mars au plus tôt!
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Fin janvier, je rentre en France, passe avec succès ma dernière soutenance validant mon diplôme, une bonne chose de
faite, je repars remotivé vers la Chine avec maintenant comme seul objectif en tête de rendre rentable cette société, à ce moment là, j’y crois encore dur comme fer.
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Début février 2010, vous savez déjà ce qui s’est passé… j’ai bien tenté de convaincre le chinois une dernière fois
car je n’aime pas me rendre sans un dernier combat, bien qu’il ait montré de l’intérêt sur le nouveau plan de développement que j’ai préparé et est resté en discuter, ça décision
était prise et alors qu’il s’apprêtait à garder le dossier que je lui avais remis, je me suis empressé de le lui retirer des mains et repartir avec…
L’une de mes premières réactions fut, comment ai-je pu être aussi naïf, j’aurais du le voir venir, c’est un classique,
un pure cas d’école… la partie chinoise de la JV enculant la partie française…
Il a laissé pourrir la situation en mettant des battons dans les roues et au moment opportun, à savoir quand la saison
approche, il me fait porter le chapeau, joue sur le fait que la partie française n’est pas en mesure de refinancer et prend le contrôle de la JV, comme moi je dégage, désormais la partie
française n’a plus aucune emprise sur le projet qui de toute façon, vu la stratégie qu’il veut mettre en place est voué à l’échec d’ici la fin de l’année. Vu qu’il n’a pas d’image de marque
suffisamment forte, il va jouer sur les prix et tôt ou tard, comme le chinois qu’il est et restera, il va jouer sur la qualité pour augmenter sa marge… ça aussi c’est un classique
chinois.
Quand à moi, le passage en France s’étant fait à mes frais, du coup je ne peux même pas me refaire une santé financière,
vu que pour le mois de janvier, j’ai touché que 1020rmb de salaire, ils m’ont déduit les 2 derniers mois de loyer qu’ils avaient avancé et la semaine de « congé » en France… je me bats
pour avoir le salaire de février, ce qui n’est pas gagné vu que mon contrat de travail à expirer fin décembre vu qu’en janvier je devais encore une fois « théoriquement » passé en
V.I.E. Je joue sur le fait que le contrat reconnu par la loi chinoise est celui qui a servi à avoir mon permis de travail et expire donc au mois d’aout 2010, et donc qu’il n’est pas dans leur
intérêt d’essayer de me niquer sur ce dernier mois de salaire, sinon je les attaques.
J’annonce en suite au propriétaire que j’ai perdu mon job et que je quitterais l’appartement fin Mars, vu que le loyer
est payé jusque là. (Il faut réduire le train de vie) Celui-ci me répond que comme je ne respecterais pas le contrat d’un an, il gardera ma caution de 4800RMB! Après m’être renseigné, il semble
en plus être dans son droit… Je dois creuser ça d’avantage…
N’ayons pas peur des mots, j’ai vraiment l’impression de me faire niquer par tous les bords.
Je ne sais pas encore comment je vais régler les choses avec celui là, je vais surement rester squatter l’appartement un
mois de plus ou alors je vais faire une énorme fête et partir sans rien nettoyer et en emportant la télé, j’avoue que j’hésite encore.
Ne soyons pas entièrement pessimiste non plus, ça reste une extraordinaire expérience, j’ai appris énormément de choses,
sur la Chine et les chinois, sur le management et la gestion d’une entreprise et sur moi même.
Pour la prochaine fois, si il y en a une, je retiens, ne plus jamais travailler pour une J.V., prendre
un appartement plus petit et moins cher et surtout porter de l’importance aux détails, dans le management c’est ce qui fait la différence.
Et je comprends maintenant pourquoi la majorité des grosses sociétés sont aux petits soins de leur personnel expatrié, car si on rajoute en plus les tracas administratifs quotidien (recherche de
logement, loyer, facture, visa...) on ne s'en sort pas! Même si dans les faits je n'approuve pas car les salaires et conditions de vie de certains ne sont pas toujours
justifiés!
Désormais, je ne sais plus de quoi demain sera fait, bien que dans un premier temps j’ai eu une réaction d’orgueil en me
disant que j’allais rebondir sans problème sur quelque chose de mieux, dans un second temps, je me suis replié sur moi même comme une huitre durant la majorité du nouvel an chinois en coupant
toutes communications, internet, portable… afin de réfléchir sérieusement « bon et maintenant on fait quoi ? »
J’ai des pistes pour des boulots provisoires bien payés pour la Chine, surtout quand on compare à de nombreux jeunes
expats qui cherchent absolument à rester à Shanghai par tous les moyens et en faisant donc plonger les salaires vers le bas… J’ai été passé un entretient pour groupe d’une dizaine de discothèques
dans la région dont 2 à Suzhou. Un après midi, j’ai rencontré des managers, ils m’ont demandé de mixer pendant 1heure. Comme DJ résident, ils m’offrent sans avoir négocié 8000RMB/mois, donc je
peux facilement monter à 10.000, ce qui permet de vivre plus que correctement en étant célibataire en Chine. Moi ça me permet d’avoir mes journées de libres pour chercher un nouveau véritable
travail et passer les entretiens, tout en continuant de vivre assez confortablement.
Mais sur le long terme, je fais quoi de ma vie? J’ai 26 ans, la trentaine se rapproche, je n’ai pas mis des masses
d’argent de coté, je suis seul, la dernière fille avec qui je suis sorti, avec qui j’imaginais passer le reste de ma vie à ses cotés, m’a totalement brisé le cœur, au point que ça fait plusieurs
mois que je ne ressens plus rien sur le plan émotionnel. En clair, en faisant le point, je me rends compte que je suis jeune, en bonne santé, loin d’être con, que j’ai reçu une bonne
éducation(bac+6), que je parles plusieurs langues, bref en théorie il a bien plus mal lotis que moi sur cette terre, je devrais être promis à une bel avenir…
Mais à coté de ça, je n’ai plus de projet de vie, plus de vision d’avenir, plus aucune motivation. Durant cette
semaine de réflexion, j’ai eu beau chercher, je ne vois rien… plus rien qui me donne envie de continuer…
Certains ont une passion, un projet, une vision (humaniste en aidant les autres, ou cupide en s’enrichissant
sans scrupule), un métier qu’ils aiment, une femme, des enfants, une famille qui leur donnent l’envie de se lever le matin et d’avancer… Je n’ai rien de tout ça, ou du moins je ne l’ai plus, je
l’ai perdu en chemin… Alors à quoi bon? Vivre pour vivre, juste pour le fait d’être vivant? Juste pour attendre qu’un coup du destin me remette en piste? Ce n’est guère motivant…
Pourtant, malgré ces propos qui peuvent paraître très noirs, je vous rassure, je n’ai pas envie d’en finir avec la vie
(enfin je crois), je ne sais simplement plus quoi en faire en ce moment… Je crois que j’ai encore besoin de temps, je n’arrive toujours pas à me décider si je dois rentrer ou rester, tout
simplement parce que dans les 2 cas, que je rentre ou je reste, je ne suis pas plus avancé car je ne sais toujours pas quoi faire… Malgré tout le cœur penche vers un retour en Europe, ou je
mènerais une vie plus saine bien que mortellement ennuyeuse mais je pourrais toujours compter sur le soutien de ma famille le temps de me rebâtir un rêve…
Enfouit tout au fond de moi, il en reste pourtant un, un rêve dont je me suis détourné à tort ou à raison depuis de
nombreuses années déjà, il est peut-être temps de le dépoussiérer un peu et le remettre aux gouts du jour. Car après 5 ans, la Chine ne me fait plus rêver, elle ne m’attire plus, les chinoiseries
de la vie quotidienne ne m'amuse plus non plus; c’est plus du dégout et du mépris que je ressens vis à vis de cette culture et de ce peuple et malgré le fait que j’y ai pas mal de très bons amis
chinois.
Il est peut-être temps de simplement tourner la page Chine et de commencer à en écrire une autre...
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