• Zhu Li An
  • De 2005 à 2013, les aventures dans l'Empire du Milieux d'un Jeune Breton, amoureux de la plus belle ville de Chine: Suzhou
  • De 2005 à 2013, les aventures dans l'Empire du Milieux d'un Jeune Breton, amoureux de la plus belle ville de Chine: Suzhou

Recherche

9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 08:33

Serais-je rentré en Europe en secret???

Non! Je vous rassure, je suis toujours en Chine, les apparences européennes de Qingdao sont liées au fait que la ville fut fondé par les allemands…tout comme la brasserie Tsingtao qui produit toujours la bière la plus célèbre de Chine. C’est également la ville qui va accueillir les épreuves nautiques des J.O. de Pékin.

 

Je suis parti dimanche 24 mars et le départ fut assez mauvais, en effet faute d’avoir pu trouver un taxi dans les temps pour m’amener au point de rendez-vous rejoindre mes collègues chinois (j’ai pourtant patienté 20 minutes); j’ai raté le bus devant nous conduire à l’aéroport de Shanghai Hongqiao.

Oui je sais ça fait très mauvaise impression, surtout qu’en plus je n’ai même pas leurs numéros et eux n’ont pas le mien non plus. Bon je préfère ne pas prendre de risque car le prochain bus part dans 1 heure et pour un peu qu’il y ait un problème en chemin je risque en plus de rater mon vol.

J’appelle une des filles des R.H. pour qu’elle me donne un numéro de portable d’un des mecs du groupe pour que je puisse les contacter, je lui explique au passage la situation, elle commence à paniquer « oh mais comment tu vas faire? ». Quelques minutes après c’est un collègue qui m’appel et se fout de ma gueule… Je l’envoie chier et lui dis que je le rappel quand j’arrive à l’aéroport.

 

Comme d’habitude le plan B c’est de trainer autours de la gare routière et d’attendre qu’un mec vienne nous aborder: « Taxi? »

Puis on négocie le prix, d’abord il me propose 500 yuans le trajet, ce qui est le tarif laowai standard… Je lui dis ouais dans ses rêves, qu’il oublie, je connais un autre chauffeur qui me le fait à 400 et qu’en plus il a une meilleure voiture que sa Kia… Du coup il me propose 380, ça me parait raisonnable surtout que le temps passe, j’accepte, c’est parti…

Au final après une pause carburant et une pause pipi, je suis quasiment arrivé en même temps que mes collègues à l’aéroport devant leur yeux ébahis, un me lâchera même « oh you react so quick! ».

Ils me demandent combien j’ai payé et à l’expression de leur visage, je devine que j’ai obtenu un bon prix. Voila une mauvaise impression transformée en une bonne.

 

L’embarquement se fera à la bourre et du coup comme on a raté notre créneau de décollage, il faudra patienter 40 minutes dans l’avion avant le prochain créneau.

Une heure et demi de vol et environ 800km plus loin on atterrit à Qingdao, le vol fut assez mouvementé, beaucoup de turbulences, certains passagers ont même crié.

 

La météo à l’arrivé à Qingdao est digne d’une bonne tempête bretonne, ce n’est pas pour rien que les 2 régions sont jumelées…

Direction l’hôtel qui est 20km plus loin, durant le trajet le chauffeur de taxi mettra en bonne couche sur les français en parlant des manifestations qui ont eu lieu à Qingdao contre Carrefour…

Plus on avance dans la soirée et plus j’ai l’impression de m’enfoncer dans un cauchemar… l’Hôtel réservé, un « 3 étoiles chinois » est minable, en plus pour économiser sur les frais de déplacement et récupérer l’argent pour eux, ils décident de prendre une chambre pour 2 et me demande même pas mon avis sur la question…

Puis il faut quand même manger un peu et comme on est à Qingdao, ils veulent absolument manger des fruits de mer alors que c’est devenu une phobie pour moi d’en manger en Chine (par contre pas de problème en France) depuis que j’ai été archi malade en 2005 après en avoir consommés de pas très frais…

Ils demandent au chauffeur du taxi, celui-ci nous conduit dans un resto aussi minable que l’hôtel ou on est descendu, je redoute le pire, mais comme je suis affamé je me force à manger.

 

Oh j’ai oublié de mentionner qu’ils fument tous comme des pompiers et que lorsque j’ai demandé au collègue avec qui je partage la chambre si il pouvait éviter de fumer dans cette chambre, il m’a répondu : « je suis en Chine, c’est mon droit de fumer au lit et si t’es pas content tu peux toujours retourner d’où tu viens ». Ok je viens de prendre cher dans ma gueule là.

Avec mes boules dans les oreilles je parviens à dormir correctement malgré le fait qu’il ronfle et fait autant de bruit qu’un Boeing en vol…

Le lendemain, lundi donc, au petit déj, forcement absolument rien d’occidental au buffet, même pas de lait ou de jus d’orange, la météo est toujours aussi pourrie…

La seule bonne nouvelle est que eux aussi trouve l’hôtel minable et veulent en changer.

 

Puis direction le parc des expositions pour vérifier l’avancement de la construction du stand et voir si le matériel est bien arrivé.

Une fois que c’est fait, il est déjà l’heure de déjeuner et deviner ce qu’ils veulent manger?! Oui encore des fruits de mers! Et comme en plus ils ont trouvé le resto hier trop cher, nous sommes allés dans le buibuis le plus minable dans lequel j’ai pu manger en Chine, mais avec vu sur mer quand même… Mais bon vu la météo…

 

Ils fument à table également, recrache directement sur la table aussi ce qui ne peut pas être avalé, rotent à pleine gorge après une gorgé de bière, oui nous sommes à Qingdao donc forcement on se doit de carburer à la bière…

Après mangé, changement d’hôtel, ce coup-ci pour un 4 étoiles chinois (qui vaudrait un bon 2 étoiles en France), même si je dois toujours partager la chambre, c’est quand même beaucoup mieux!

 

Après midi libre, mais ceux-ci décide d’aller faire un tour en ville, je décide de les accompagner… Erreur, ils ont passé une bonne partie de l’après-midi dans un centre commercial à négocier les prix sur des produits de la mer qu’ils voulaient ramener en souvenir, parfois jusqu’à une demi heure pour gagner 2 yuans, tout simplement hallucinant!

Le soir rien de spécial à raconter, on a mangé dans un petit resto correct à coté de l’hôtel et c’est super agréable de s’endormir dans une chambre qui pue la clope…

 

Mardi matin, le grand jour, on est arrivé à la bourre au salon, faute d’avoir pu trouver des taxis là encore et à cause du trafic… C’est la course, pour installer les produits sur le stand, mais lorsque le directeur du Sales&marketing department arrivé à Qingdao ce matin même, débarque au salon, heureusement tout est prêt.

Comme la plus part de mes collègues chinois ne se sentent pas à l’aise en anglais, c’est moi qu’ils chargent de réceptionner les visiteurs étrangers et ils sont nombreux en plus, beaucoup d’indiens, de turques, de russes et autres pays d’Amérique du Sud et Centrale. C’est vrai que c’est le plus grand salon du genre en Chine aussi. La tendance est que la plus part de ces clients potentiels cherche à contourner les agents en charge de leurs pays et importer directement les produits de Chine. Ce qui n’est pas autorisé par la politique du groupe, mais… il existe quand même un moyen, ils peuvent passer par une société de trading chinoise qui jouera le rôle d’intermédiaire…   

 

En allant voir les stands des principaux concurrents je suis tombé sur un ancien responsable de la boite ou je suis et qui a été débauché par notre concurrent le plus direct, du moins sur ce marché, après avoir discuté avec lui, il a presque admis que nos produits sont de meilleurs qualité, enfin il a dit exactement « nos produits ne sont pas meilleurs que les votre ».

L’après-midi, ce fut le tour du big boss Chinois de déparquer sur le salon, enfin vu son nom il est clair qu’il ne vient pas de Chine continentale…

Le soir, il nous invite tous dans une sorte de resto à bière et commande plusieurs pichets, après quelques « Ganbei » seulement, la moitier de mes collègues sont déjà hors-services; quand au patron chinois, il est survolté et chaud pour aller en boite et continuer de picoler après. Mais il change rapidement d’avis quand le numéro 2 dans la hiérarchie lui dit que ce n’est peut-être pas une bonne idée…

 

Mercredi matin, il y a déjà plus grand monde sur le salon, mon manager qui ne parle presque pas anglais m’explique en Chinois qu’il a une mission à me confier et que je rentrerais plus tôt sur Suzhou. Je suis chargé d’accompagner les agents brésiliens pour visiter l’usine…

Ils arrivent sur salon un plus tard, on reste discuter un peu, la Chine les effraie pas mal, je les rassure, je leur dit qu’on passera les prendre à leur hôtel demain matin, qu’on voyagera sur le même vol et qu’on ira ensemble jusqu’à Suzhou… Une fois rassuré, ils repartent visiter le salon.

 

Un peu plus tard dans la matinée, un collègue du bureau de Pékin me propose d’aller rendre visite à un de ses clients de Qingdao, j’accepte. La boite en question est assez reculé, on va fait une boulette en laissant le taxi repartir, on aurait du lui demander d’attendre, car il nous a fallu marcher un moment avant de pouvoir en retrouver un autre…

Vu qu’il est l’heure de déjeuner, mon collègue demande au chauffeur s’il ne connaît pas un resto… Et devinez ou celui-ci nous conduit?!

Oui, au même resto minable de dimanche soir!!!

C’est une pratique courante en Chine, les patrons de divers resto, bars, ktv, salons de massage louche… payent souvent un pourcentage aux chauffeurs de taxi quand ils leur amènent des clients.

Donc encore des fruits de mer, pour ne pas changer, puis comme on a notre après-midi de libre, on décide d’aller se balader le long de la mer, surtout qu’aujourd’hui il fait enfin beau!




Je me disais aussi c’était trop beau pour durer, je n’ai pas encore été malade avec tout ce que j’ai avalé… Mais là, je commence à sentir mes boyaux se tordent sérieusement… Je suis mal barré, il faut que je trouve des toilettes de toute urgence.

Heureusement j’aperçois un Hôtel 5 étoiles, sauvé!

Mon collègue me dit que ce n’est pas sur qu’on puisse accéder aux toilettes, je lui réponds que ce n’est pas la première fois que je me retrouve dans situation, ça va le faire…

En effet, nous sommes accueillis comme des clients, quand  j’ai fini de me soulager aux toilettes, mon collègue se sera confortablement posé dans le lobby entrain de siroter un thé généreusement offerte par l’hôtel…

 

Puis on s’est finalement remis à marcher. On est passé à coté du site des épreuves de voiles des J.O. de Pékin, sur certains bâtiments ils sont grave à la bourre… Avant d'aller se relaxer un peu sur la plage...

On décide finalement de prendre un taxi, direction le vieux centre ville et la cathédrale… Celle-ci est fermée. Me promener dans ces rues me donne l’étrange sensation d’être en Europe tout en sachant que je suis en Chine, c’est drôle.

Je finis par apercevoir un Macdo, je supplie mon collègue pour qu’on s’y arrête, avec le régime fruits de mer et nourriture chinoise depuis le depuis de la semaine, j’ai l’impression de fondre jour après jour…

Puis retour en marchant jusqu’à l’hôtel… Mon collègue a les pieds en sang, au final on aura marché plus d’une dizaine de kilomètres et avec des nouvelles chaussures, ça ne pardonne pas… je tiens quand même à noter que le chemin côtier qui pourrait faire une excellent balade, est en piteux état, voir détruit faute d’entretien à plusieurs endroits… C’est dommage, ça ne va pas donner une bonne image pour les J.O.

Puisqu’on parle des J.O. l’accès au site était sous étroite surveillance par la police et même l’armée, tout simplement impossible d’y accéder.

 

Un peu plus tard, lorsque les autres collègues rentrent, ils proposent d’aller voir une autre partie de la ville, chose que j’accepte évidemment.

C’est donc reparti pour marcher encore un peu plus, on va vers le bras de mer face à la vieille ville allemande…

 

Je voulais prendre quelques photos de plus avant le coucher du soleil, mais ils me refont le coup du marché aux souvenirs… et encore ¾ d’heure de perdu, j’hallucine! Ils ont fait absolument tous les stands et au final ils n’ont rien acheté!!!

Je suis tellement dégouté, surtout que maintenant le soleil est couché et qu’il fait nuit, que je décide de larguer le groupe pour le restant de la ballade avant de retourner me coucher à l’hôtel… Oui demain départ à 7h.

Réveil le lendemain vers 6h, douche et petit déjeuné avant de finir de boucler ma valise, descendre pour le check out et vérifier que le minibus est bien arrivé. Puis direction l’hôtel des brésiliens pour les récupérer avant de filer vers l’aéroport.

Seulement quand je vois les 2 bonhommes qui sont déjà bien costauds arriver avec leur énormes valises, je crains le pire à l’arrivé à Shanghai.

J’espère que la secrétaire n’a pas réservé un simple taxi ordinaire pour aller jusqu’à Suzhou, sinon on est mal.

J’en étais presque sur, vu la taille et le poids de leur bagages, ils ont du payer du supplément. Mais ils ont quand même de la chance, même pas 40 euros pour 40 Kilos d’excédents de bagages, ce n’est vraiment pas cher payé.

 

Une fois après avoir passé le contrôle de sécurité extrêmement renforcé pour cause de Jeux Olympiques, on se pose au bar vu qu’on a 1heure à tuer avant l’embarquement. Les brésiliens me posent pleins de question sur la Chine puis la conversation dérive sur le sujet des voyages et alors qu’on parlait de l’Europe, un des brésiliens me sort que la destination de ses rêves reste l’Islande. Il ne pouvait pas mieux tomber!

Après une longue discussion suivie d’une séance visionnage de photos, l’autre brésilien me sort qu’ils ont souvent travaillé sur des projets avec une grosse société islandaise… Devinant de qui il voulait parler je lui coupe la parole et lui sort le nom de la boite, ce qui le surprend un peu, il me demande comment je les connais et je lui réponds que j’ai travaillé pour eux tout simplement… Le monde est décidément bien petit.

 

Embarquement et vol sans incident, nous avons atterri à l’heure prévue à Shanghai mais par contre on a du patienter pas mal de temps avant de pouvoir récupérer nos bagages.

En se dirigeant vers la sortie nous avons rapidement repéré le chauffeur avec sa pancarte au nom de la société, quand celui nous voit arriver avec les monstrueuses valises des brésiliens, il commence à tirer une tronche pas possible… Je devine qu’il va y avoir un problème.

 

Durant le trajet jusqu’au parking, il ne fait que râler sur la quantité de bagages… Puis il nous de patienter à l’endroit ou on est supposé laisser les chariots de l’aéroport. Quelques minutes plus tard quand je le vois arriver avec sa Santana 3000, ça confirme ce que je pensais, on va avoir un problème.

Après plusieurs tentatives on finit par caser les bagages et tous monter dans le taxi… Seulement le chauffeur regarde ses suspensions arrière et grimace. Il est catégorique et refuse de nous conduire, quand aux  brésiliens, ils refusent de descendre du taxi.

Je descends du taxi et tente de calmer le jeu avec le chauffeur mais rien à faire il refuse de conduire. Je téléphone à la secrétaire de la boite pour essayer de régler le problème, elle me suggère de prendre le bus et de laisser les 2 brésiliens ensemble, je suis d’accord seulement eux refusent que je les laisses tous seuls… Elle me dit que la boite ne payera pas de 2ème taxi et me dit de me débrouiller avec eux…

 

Ok, après quelques minutes de négociation, je finis par convaincre les brésiliens qu’ils y aillent seuls, après avoir réglé leurs dernières inquiétudes, genre que le chauffeur les attendra bien pour les conduire à l’aéroport de Pudong après leur meeting, ils s’excusent pour la gêne occasionné et l’un me tend 500 yuans pour que je puisse moi rentrer à Suzhou par taxi. Au début un peu gêné je finis par accepter, je les remercie, ils me remercient et après la promesse de rester en contact, (oui ils m’ont dit que j’étais le bienvenue au Brésil et qu’ils me recontacteront avant d’organiser leur voyage en Islande) on se serre la main et ils remontent dans leur taxi, au grand soulagement du chauffeur qui était mais alors très « sympathique », comme beaucoup de Shanghaiens…

commentaires