Voila une question que beaucoup de monde se pose... Oui c'est vrai que l'avenir proche des étrangers en Chine peut sembler très incertain. Il y a des tas de risques qui pourraient compromettre leur présences: le risque économique, surchauffe économique suivi d'une crise économique; le risque politique: invasion de Taiwan par l'armée de libération après les J.O. de Pékin ou l'expo universelle de Shanghai... ou encore révolte dans les campagnes des paysans laissés de coté par la croissance, pour réclamer un meilleur partage des richesses...
Ou tout simplement une poussé de fièvre nationaliste en décidant que
Je n'ai pas les prétentions d'avoir les réponses, néanmoins voici une affaire qu'il faut suivre de près car cela donnera des indices sur le comportement à venir des autorités Chinoises vis à vis des entreprises et investissement étrangers et surement à terme sur les étrangers eux même... je parle bien sur de "l'affaire Danone vs Wahaha".
article extrait du Ouest-France du 25/07/07
Des Tribulations qui menacent Danone en Chine
En conflit avec son partenaire chinois, le groupe français de l'agroalimentaire demande l'arbitrage de la justice. La France appelle au calme.
La conquête de l'Empire du Milieu par Danone se transforme en tragédie chinoise. Une aventure qui pourrait coûter cher au groupe français. Son PDG, Franck Riboud, se mesure au géant des eaux minérales chinoise, la marque Wahaha, incarnée par son turbulent patron Zong Qinghou. La pièce se joue en trois actes.
Une union tellement rentable
Tout avait si biendébuté. Danone et Wahaha ou le mariage de la joie des enfants et du pari sur l'avenir. En Chinois "Da Non" signifie "développer ses capacités" et Wahaha évoque le rire des petits chinois. En 1996, ces deux-là s'associent, un mariage de 60 millions de dollar qui ouvre au groupe français les portes de la Chine. Avec 51% du nouvel ensemble, Danone s'empare du numéro un chinois des eaux en bouteille. Et de sa tête, l'emblématique fondateur de Wahaha, Zong Qinghou.
Sur le papier, Danone détient les rênes, mais, sur le terrain, ses dirigeants laissent Zong continuer à mener la destinée de son entreprise. Et l'attelage fonctionne. Wahaha se diversifie, des nouilles instantanées, des boissons énergétiques, du cola, avec le futur Cola, troisième du marché chinois après Coca et Pepsi. Dix ans après l'union, les 39 filiales de Wahaha réalisent 8,5% du chiffre d'affaires total de Danone.
Le linge sale est déballé en public
Début 2006, au siége de Danone, on enregistre les résultats en hausse de Wahaha mais quelque chose cloche: les ventes augmentent, la production non. Frank Riboud dépêche sur place en toute discrétion, quelques investigateurs. A sa grande surprise, il découvre que son partenaire chinois lui cache une partie de ses activités. Zong Qinghou a mis sur pied un réseau paralléle d'entreprises. Une vingtaine d'usines, gérées par sa fille et sa femme, fournissent le marché chinois en produit Wahaha, sans que le groupe détenu par Danone n'en touche un yuan ( la monnaie chinoise). En clair, Zong organise la contrefaçon de sa propre production. Le patron chinois se défend. Pour lui, ses activités annexes n'étaient pas interdites par l'accord passé avec Danone. Il reproche au passage les aventures extra-conjugales du français. En 2000, le groupe de Franck Riboud s'est allié à Robust, principal concurrent de Zong. Danone cherche à "limiter le développement de Wahaha", accuse-t-il.
Divorce-douleur porté au tribunal
Après quelques injonctions à Zong, sans effet, Riboud réclame l'arbitrage du tribunal de commerce de stockholm, comme prévu en cas de désaccord dans le contrat de coentreprises. Simultanément, 118 000 litres d'eau Evian ( une marque de Danone) sont bloqués dans le port de Shanghai pour un taux anormal de bactéries. La guerre des nerfs s'organise.
Début juin 2007, c'est devant les tribunaux américains que le groupe français porte plainte pour concurrence illégale. Les sociétés mères qui gèrent les entreprises parallèles sont enregistrées aux Etats-Unis. Zong démissione de son poste de président de Wahaha et joue la fibre patriotique. Il accuse Riboud de vouloir mettre la main sur un symbole chinois. "Vous n'êtes pas loin de dire adieu à la Chine", menace Zong dans une lettre ouverte à Danone. Il saisit à son tour la cour d'arbitrage de Stockholm pour violation d'un accord de non concurrence.
Epilogue ouvert
Cette semaine, l'ambassadeur de France à Pékin appelle à un règlement à l'amiable du litige Wahaha-Danone. En creux, le désamour des deux groupes pose la question de l'investissement étranger en Chine. Zong qui maîtrise production et réseau de distribution en Chine pourrait désormais se passer de Danone. La réciproque est fausse.



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